Nos églises

UN CHEMIN D’HISTOIRE

Introduction

L’histoire religieuse de Pointe-Saint-Charles se caractérise par la multitude de confessions qui s’y sont manifestées. Plusieurs églises protestantes de différentes dénominations s’implantèrent dans la partie sud du quartier. Les catholiques, Irlandais et Canadiens français érigèrent leurs premiers lieux de culte dans la partie nord, soit de ce côté de la voie ferrée qui coupe le quartier en deux depuis son implantation.

Au tournant des XIXe et XXe siècles, l’arrivée des communautés polonaises et ukrainiennes enrichit le patrimoine religieux de leurs églises respectives, grecque orthodoxe dans le cas des Ukrainiens. Vers les années 1920, un vaste mouvement de fusion marqua la communauté protestante et donna lieu à un regroupement de plusieurs églises.

Plus récemment, l’arrivée dans le quartier et les environs immédiats de communautés musulmane, sikh et coréenne a également donné lieu à la création de nouveaux lieux de culte ou à la réappropriation d’anciens. Sans oublier les Témoins de Jehova qui sont les derniers à s’être implantés dans le quartier.


Enfin, un trait à souligner, c’est que plusieurs églises ont été endommagées ou ravagées par des incendies au fil de leur histoire.


Église anglicane Grace Church

620 rue Fortune

À compter de 1854, des émigrants de religion anglicane des îles britanniques s’établissent à proximité des chantiers de la compagnie ferroviaire du Grand-Trunk et du pont Victoria, dont s’amorce bientôt la construction.

Pour desservir la mission anglicane, les premiers lieux de culte sont situés dans des maisons de la compagnie Grand Trunk Railway, jusqu’à ce que la compagnie les requière pour loger des familles de travailleurs. On offrit en échange un wagon inoccupé qui servit aux assemblées du dimanche.

En 1871, fut érigée sur la rue Wellington une église qui reçut le statut de paroisse, à l’angle de la rue du Centre. Et ce, grâce à la générosité de M. Charles John Brydges, directeur général de la compagnie ferroviaire, qui avait offert le terrain. On donnera à l’église le nom de Grace, en l’honneur de la fille de M. Brydges.

Le temple devint peu à peu trop petit pour accueillir les fidèles. C’est pourquoi en 1891, la Grand Trunk le racheta pour 20 000$ et on se procura un autre terrain plus à l’ouest, rue Wellington au coin de la rue Fortune, propriété des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. La deuxième église, l’édifice actuel, fut inaugurée le 18 septembre 1892. Cet endroit n’était pas seulement destiné au culte. Il devint un lieu important de la vie communautaire avec une chorale, des troupes de théâtre aussi bien que des équipes de baseball, de football et de hockey.

Il y a quelques années, l’église a été vendue parce que le nombre de paroissiens ne suffisait plus à en assumer l’entretien. La communauté s’est installée dans un logement, au 620 rue Fortune. On y célèbre l’office chaque dimanche ainsi qu’un mercredi par mois. Des repas sont servis le midi.


Église presbytérienne St-Matthews
Mac-Vicar Hall

579 rue Charon

La Mission a vu le jour en 1857. Elle se réunit aux deux semaines dans les bureaux de la compagnie du Grand Trunk Railway (Ticket Office of the Railway Depot) ainsi que pour l’école du dimanche (Sabbath School) où il y a trois professeurs et dix-sept élèves.

En 1858, on achète un terrain rue Congrégation pour bâtir une église. En 1860, la Mission inaugure l’église St. Matthews avec une capacité 420 sièges.

La communauté grandit, l’église devient trop petite. En 1890-91, on construit nouvelle église, coin Wellington et Bourgeois, ainsi que le Mac-Vicar Hall, rue Charon, pour l’école du dimanche.

À trois reprises, par vote, la communauté refuse de se joindre à l’Église Unie.

Le 4 janvier 1926 l’église est détruite par le feu, il ne reste que les murs. Une troisième église est construite en 1927, dans laquelle on peut asseoir 1000 personnes. Architectes Maxwell & Pitts.

En 1957, la communauté fête son 100e anniversaire.

L’église est entièrement détruite par le feu en 1977. La communauté célèbre donc les services religieux à Mac-Vicar Hall, rue Charon. En juin 1999, on assiste à un changement de groupe communautaire et d’administration. Les services religieux de l’église presbytérienne St. Matthews sont désormais pris en charge par la communauté coréenne.


Église méthodiste Centenary United

1864 : première église Méthodiste, rue Wellington et Charon.

1891 : deuxième église qui porte le nom Centenary, en mémoire du 100e anniversaire de l’Église Méthodiste au Canada. Coût de construction : 32 000$. On peut y asseoir 950 personnes, et quelque 400 familles la fréquentent. L’école du dimanche est la plus achalandée de Montréal. On construit, rue de Ryde, la Hope Chapel, qui existe encore aujourd’hui, que l’on l’utilise pendant dix ans et qui est revendue par la suite.

En 1926, la congrégation se joint à l’Église Unie.

1950 : destruction de l’église par le feu. On reconstruit en plus petit, soit 250 places, plus les sièges au balcon, au coût de 70 000$.

1990 : l’Église Adventiste achète le bâtiment pour 300 000$. Les murs de la façade et des côtés sont centenaires, l’intérieur date alors de 39 ans.


Main Memorial Church
(Point St. Charles Congregational Church)

Main Memorial fut d’abord une branche de la Cavalry Congregational Church. Elle était reconnue comme l’église congrégationiste de Pointe-Saint-Charles. Les paroissiens achetèrent l’église presbytérienne St. Matthews pour y pratiquer leur culte. L’école du dimanche fut d’abord dispensée dans le O’Brien Hall, annexé à l’église, gracieuseté de la famille du même nom.

Une nouvelle église fut bâtie au coin des rues Wellington et Hibernia, entre 1906 et 1913. On lui donna le nom de Main Memorial, en 1925, en hommage au Révérend Arthur W. Main, pasteur de la paroisse de 1906 à 1913. L’église fut consacrée le 10 mars 1912. Elle a été fermée en 1962 et elle a été ravagée par un incendie quelques années plus tard.


Montreal Filipino Seventh Day Adventist Church

590 rue Fortune

Voir église Saint-Jean-l’Évangéliste


Église Saint-Gabriel
(catholique anglophone)

2157 rue du Centre

Tributaire de la paroisse Saint-Henri, une petite chapelle est érigée le 10 décembre 1875, au coin des rues du Centre et Laprairie.

Les Sulpiciens cèdent à communauté irlandaise un terrain qui fait partie d’un lot compris entre les rues Laprairie, Manufacturer (Augustin-Cantin), Island et Centre.

Par la suite ce lot fut subdivisé pour répondre aux besoins de la population toujours grandissante: églises, presbytères, écoles. Aujourd’hui on y retrouve le Centre Louis Riel, une partie de l’école Chauveau (Decision House), les deux églises et les deux presbytères.

La construction du Pont Victoria et l’élargissement du canal de Lachine amenèrent un bon nombre d’immigrants irlandais à travailler et à s’installer à Pointe-Saint-Charles. En 1871, l’immigration est de 74% de langue anglaise dont 28% d’Irlandais catholiques. Très tôt l’église Saint-Gabriel devient un lieu de rencontre important pour la communauté irlandaise de Montréal.

La deuxième église fut construite entre 1890 et 1895, au coin des rues du Centre et Laprairie.

L’intérieur de l’église et les deux clochers furent détruits par un incendie, en 1956. L’intérieur a été reconstruit en 1959 et on apporta des modifications importantes à la façade. La principale activité est le service du culte. La paroisse contribue à souligner la présence des Irlandais. On y présente des pièces de théâtre d’auteurs irlandais, on participe à la parade de la Saint-Patrick. Depuis la disparition de l’église Sainte-Anne à Griffintown, en 1970, c’est de cette église que débute la marche commémorative à la Roche noire, à l’entrée du pont Victoria (érigée en 1859 par les ouvriers du pont Victoria), à la mémoire des quelque 6 000 Irlandais morts de la fièvre jaune (typhus), la «fièvre des navires» à la fin des années 1840. Cet événement annuel est organisé par le Ancient Order of Hibernians.


Église Saint-Charles-Borromée
(catholique francophone)

2111 rue du Centre

L’église Saint-Gabriel desservait l’ensemble de la population catholique de Pointe-Saint-Charles. Dans son prône du dimanche, la curé James Salmon constata que son église était devenue trop petite pour la foule et conseilla aux Canadiens français de se retirer et de construire leur propre église.

Immédiatement après la messe, une délégation se rendit à l’archevêché et obtint de Son Excellence Mgr Fabre l’assurance de l’érection d’une paroisse catholique pour la population canadienne-française.

En 1883, le premier curé de la nouvelle paroisse, l’abbé Siméon Rouleau fit bâtir une petite église en bois là où se trouve la sacristie actuelle. Celle-ci fut construite en deux semaines, grâce à une corvée qui se prolongeait même la nuit.

Comme les paroissiens devenaient plus nombreux, le bâtiment était devenu trop exigu et il fallut songer à construire une véritable église. Les marguilliers et le curé Carrières adoptèrent un plan d’église qui devait demeurer un modèle pour les générations à venir.

La construction, commencée en 1889, se termine en 1891. Le soubassement résistera plus tard à l’incendie de 1913 et la construction de la troisième église fut complétée en 1915.

L’église est dotée d’un orgue de la maison Casavant de Saint-Hyacinthe. Les cloches ont été fondues par la maison française Amédée Bollée. On doit l’ensemble de la décoration à Toussaint-Xénophon Renaud, décorateur très prisé et parmi les plus célèbres de son époque. Les trois autels principaux viennent d’Italie, alors que la balustrade a été fabriquée à New-York par une maison italienne.


Gurdwara, Temple Sikh (depuis 1985)
Église Baptiste de 1868 à 1985

Coin Liverpool et Wellington

Cette église est la troisième que construisit la communauté baptiste de Pointe-Saint-Charles. La première fut ouverte en 1868 et la seconde, en 1891. La croissance rapide du nombre de membres obligea une fois de plus à changer de lieu de culte. Une troisième église est inaugurée en 1900. Son architecte, Arthur J. Cooke, l’a conçue en style néo-gothique avec son plan triangulaire symétrique à partir de l’entrée.

La communauté sikh du Sud-Ouest de Montréal a acheté le bâtiment en 1985 et y célèbre les offices chaque dimanche. Un repas est servi au sous-sol du temple après la cérémonie religieuse. La population y est bienvenue.


Église Saint-Jean-l’Évangéliste

590 rue Fortune

Étant donné que l’église Saint-Charles est difficile d’accès pour la partie de la population établie au sud de la voie ferrée, Mgr Joseph Charbonneau crée la paroisse Saint-Jean-l’Évangéliste et nomme Henry Gaboury, curé fondateur, le 17 janvier 1946.

Au moment de l’érection de la paroisse Saint-Jean, la Congrégation de Notre-Dame vend le terrain sur lequel seront construits le presbytère et l’église, derrière la résidence qu’occupaient les religieuses enseignantes, rue Wellington. Celle-ci a été démolie depuis pour faire place à la résidence Dublin-Fortune.

Dès le dimanche 24 mars 1946, les paroissiens de Saint-Jean-l’Évangéliste se réunissent au sous-sol de l’église Saint-Charles pour leur première messe présidée par leur nouveau curé. On décide alors que désormais, tous les dimanches, les paroissiens auront une messe au sous-sol de l’église Saint-Charles à 9h30, en attendant la construction de la nouvelle église.

Le 27 mars, le nouveau pasteur chante la première grand-messe dans la chapelle des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Le jour même, il établit son bureau dans la résidence de celles-ci, en attendant la construction du presbytère.

Le 13 janvier 1964, avec la participation bénévole de quelques citoyens, le choeur de l’église est rénové. On peut y admirer des objets en bronze, fonds baptismaux, tabernacle, lampe du sanctuaire, créés par l’artiste Charles Daudelin.

L’église Saint-Jean est vendue à la Montreal Filipino Seventh Day Adventist Church en septembre 1998. Les oeuvres d’art de Daudelin sont alors remises à l’Archevêché de Montréal au Comité de construction et d’art sacré.

Architecte: Lucien Parent


Église Holy Trinity

1660 rue du Centre

Les Polonais ont immigré à Montréal à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.

La première messe a été célébrée à l’école Saint-Charles, rue Island, le 11 juin 1916. De 1917 à 1933, la communauté polonaise fréquentera l’église Saint-Joseph, rue Richmond.

Le 4 octobre 1933, Mgr P. Gauthier fonde la paroisse HolyTrinity. Les prêtres sont de l’ordre des Franciscains conventuels. La liturgie est célébrée en langue polonaise, excepté le dimanche à 11h00, alors que la messe est en anglais. Le samedi matin, on donne des cours de langue polonaise aux enfants au sous-sol de l’église, ainsi que de pastorale une fois par mois.

Les fresques du choeur ont été exécutées par l’artiste Stanislas Kalski. Les vitraux de Saint-François, Jean-Paul II et Maximilien Kolbe* sont une réalisation du studio Guido Nincheri de Montréal (1991). Cette église appartient à la communauté polonaise du Sud-Ouest.

*Maximilien Kolbe est un prêtre polonais de l’Ordre des Franciscains conventuels. Durant la deuxième guerre mondiale, la Gestapo l’incarcère dans la prison de Pawiak et l’envoie au camp de concentration d’Auschwitz. Un père de famille est condamné au four crématoire. Maximilien Kolbe s’offre pour le remplacer. Il meurt à 47 ans, le 14 août 1941. Le pape Jean-Paul II le canonise le 10 octobre 1982 et le présente au monde comme protecteur de ce siècle difficile.

Architecte: René Charbonneau


Église du Saint-Esprit,
ukrainienne catholique de rite byzantin

1785 rue Grand-Trunk, coin Shearer

C’est en 1919 que fut célébrée la première cérémonie religieuse de rite byzantin à Pointe-Saint-Charles, à l’église Saint-Gabriel, rue du Centre, ainsi que la bénédiction de l’eau baptismale par le Père Théodore Dwuleet.

Vers 1925, la communauté ukrainienne de Pointe-Saint-Charles représente le tiers de la population ukrainienne de Montréal. En 1931, un comité est élu en vue de l’établissement d’une paroisse grecque catholique à Pointe-Saint-Charles. Le Père Josaphat Jean, un Québécois ami des Ukrainiens, acquiert un terrain pour bâtir l’église en 1932.

En 1947, on entreprend la construction de l’église du Saint-Esprit. Celle-ci s’inspire du style byzantin avec un dôme et des clochers à bulbes typiques. À l’intérieur, le bleu domine. On y remarque surtout des peintures murales, riches de symboles. L’église appartient à la communauté ukrainienne du sud-ouest de Montréal.

Les Ukrainiens ont immigré au Canada en trois vagues distinctes: les premiers dès la fin du XIXe siècle, dans le cadre de la politique de peuplement des provinces de l’Ouest, mais certains sont demeurés à Montréal pour travailler dans l’industrie.


L’église adventiste du 7e jour, Mont Zion

Autrefois lieu de culte de l’Église Unie Centenary, cet édifice prend le nom de Mont-Zion le 13 mai 1989.
Il comprend une salle très sobre et un théâtre pour différentes activités.

Installés à Pointe-Saint-Charles depuis 1976, les adventistes avaient célébré leur premier service religieux à l’École Lorne.

Ils ont loué ensuite l’église St.Mathews, puis une salle de rencontre (Meeting House), au 2558 rue Saint-Charles, qui ont été détruites par le feu, la première en 1977 et la seconde en 1988.


Temple des témoins de Jehova

2525 rue du Centre

C’est en 2002 que les Témoins de Jehova ont construit leur temple sur la rue du Centre. Un véritable exploit, car il ne fallut que deux semaines pour ériger l’édifice, grâce à la collaboration des membres des congrégations qui exerçaient un métier de la construction. L’immeuble a une façade de deux étages pour s’harmoniser avec les édifices environnants.

La salle du Royaume peut accommoder une assistance de 300 personnes et elle dessert trois congrégations, celle de Ville-Émard (francophone), la congrégation universelle (anglophone) et la congrégation chinoise. La plupart des adeptes proviennent de Verdun, Saint-Henri, Petite-Bourgogne et Pointe-Saint-Charles.